SOMMAIRE
Procédure collective : un enjeu d’exécution
Une procédure collective est souvent abordée sous l’angle de la conformité juridique. Dans la réalité, les difficultés apparaissent aussi dans une seconde phase : celle de l’exécution du plan social (PSE), dans un environnement dégradé où les contraintes s’accumulent et les marges de manœuvre se réduisent.
Les dernières données confirment une intensification des restructurations en France : +40% de PSE (plans de sauvegarde de l’emploi) en 2024 vs 2023, une tendance qui s’est poursuivie sur l’année 2025, sur fond de hausse des défaillances d’entreprises et de restructurations dans l’industrie comme dans les services.
Selon les dernières estimations disponibles (Banque de France), plus de 65 000 défaillances d’entreprises ont été enregistrées en 2025, un niveau inédit depuis 2009, avec un impact direct sur les volumes de procédures collectives et de restructurations associées.
Dans la pratique, les points de fragilité récurrents sont de quatre ordres :
- tension sur les délais de mise en œuvre
- complexité de coordination interne
- sensibilité accrue du dialogue social
- exposition juridique
Les contentieux récents liés aux PSE illustrent bien que les fragilités se situent moins dans le principe de la restructuration que dans la qualité du processus.
L’invalidation du plan social d’Auchan en 2025 en est une illustration marquante. Malgré un accord majoritaire et une validation administrative, le PSE a été annulé par la justice en raison d’un défaut d’information des instances représentatives, d’un périmètre économique jugé incomplet et d’irrégularités dans la structuration de l’accord.
Directeur relations sociales : un rôle structurant dans la procédure collective
Structurer l’exécution du plan social
Dans une procédure collective, le Directeur des relations sociales intervient dès la structuration du dispositif. Son objectif : traduire une décision économique en un plan social exécutable et cohérent. Cela passe par trois éléments clés :
- Construction du calendrier du PSE
- Organisation des séquences de consultation
- Alignement entre Direction Générale, DRH et Direction Juridique
Cette phase est déterminante. Lorsque la procédure manque de cadre, les répercussions sont nombreuses : manque de synchronisation entre acteurs, mauvais enchaînement des étapes, calendrier inadapté à la réalité sociale. C’est dans ces zones de friction que se concentrent la plupart des difficultés observées sur les PSE récents.
Le cabinet MOMEN accompagne les directions générales et RH dans la sécurisation des procédures collectives et des plans sociaux (PSE), avec des Directeurs des relations sociales immédiatement opérationnels.
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Tenir le dialogue social dans la durée
Le deuxième niveau d’intervention du directeur des relations sociales concerne le dialogue avec les IRP. Dans un contexte de procédure collective, la relation avec les représentants du personnel devient un facteur clé de réussite. Il ne s’agit pas uniquement d’organiser des consultations, mais de maintenir une continuité d’échanges dans un environnement de forte incertitude.
Les points de tension sont généralement les suivants :
- Compréhension des hypothèses économiques
- Perception des mesures d’accompagnement
- Rythme et transparence des échanges
Décider sous contrainte
Enfin, le Directeur relations sociales joue un rôle d’arbitrage. Lors d’une procédure collective, les décisions doivent être prises dans des délais courts. Elles se fondent souvent sur une information imparfaite et ont des impacts multidimensionnels. La capacité à prendre des décisions dans un contexte incertain conditionne la trajectoire du PSE.
Management de transition et PSE : un rôle opérationnel immédiat
Les situations de restructuration ne laissent pas de place à une montée en charge progressive. L’enjeu est immédiat : stabiliser le dispositif et sécuriser le plan social (PSE) dans ses premières semaines d’exécution.
Prise en main rapide des enjeux sociaux
Le premier atout du directeur de transition tient à sa rapidité de mobilisation. Son intervention s’appuie sur une expérience déjà éprouvée, souvent acquise dans des contextes comparables (PSE ou transformation sociale lourde). Cela lui permet d’être immédiatement opérationnel et de structurer ou stabiliser le dispositif en quelques semaines.
Le cabinet MOMEN mobilise des managers de transition expérimentés en 48h, pour sécuriser l’exécution de vos procédures collectives.
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Neutralité : la clé de réactivation du dialogue social
Le deuxième intérêt réside dans sa posture externe. Dans de nombreuses procédures, les blocages ne sont pas d’ordre technique mais humain. Un regard externe permet d’orienter le dialogue social sur des faits opérationnels. Il facilite souvent la conduite ou la reprise de négociations interrompues ou dégradées.
Sécurisation du pilotage pour la direction
Enfin, le Directeur des relations sociales en mission de transition agit comme point d’appui direct pour la Direction Générale et les Ressources Humaines. Il fiabilise les arbitrages sociaux, structure les décisions sensibles et réduit l’exposition de l’entreprise sur le volet social et juridique.
Sécuriser une procédure collective : les actions concrètes du manager de transition
Les retours d’expérience montrent que les situations de blocage ou de fragilité se concentrent rarement sur un point unique. Elles résultent plutôt d’une accumulation de micro-désalignements dans l’exécution du plan social.
Trois sujets reviennent de manière récurrente dans les restructurations complexes :
- Décisions tardives ou non partagées entre DG, DRH et Direction Juridique
- Décalages entre la trajectoire économique et la réalité du terrain, notamment dans les hypothèses de réduction d’effectifs ou de réorganisation
- Sous-estimation du facteur humain dans le dialogue social
Dans la majorité des cas, ce n’est pas le cadre qui est en cause, mais la capacité à maintenir une cohérence opérationnelle dans la durée. C’est précisément sur ce point qu’un manager de transition se démarque.
Exemple de mission menée par MOMEN – Direction des relations sociales en contexte de PSE
Dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), un groupe industriel multi-sites a fait appel à MOMEN pour sécuriser le pilotage de sa procédure collective.
L’entreprise faisait face à une situation complexe : dégradation de performance sur plusieurs sites (600 collaborateurs), nécessité de réduire les effectifs de 20% dans un climat social déjà fragilisé.
Un Directeur des relations sociales a été mobilisé en mission de transition. Son intervention s’est articulée autour de trois priorités opérationnelles :
- Reprise en main du calendrier social : restructuration complète du séquencement, intégration des délais d’expertise et sécurisation des jalons clés
- Réactivation du dialogue avec les IRP : remise à plat des modalités d’échange et clarification des hypothèses économiques
- Sécurisation des arbitrages : accompagnement de la direction sur les mesures sensibles (volontariat, reclassement, dispositifs d’accompagnement)
En moins de 4 semaines, un nouveau cadre de gouvernance a été mis en place, avec un comité de pilotage hebdomadaire et des circuits de décision raccourcis. Le PSE a été mené à son terme dans les délais, avec un accord majoritaire, limitant le recours aux départs contraints et sécurisant juridiquement le dispositif. Les mesures de départ volontaire ont été massivement acceptées, réduisant les risques sociaux en phase d’exécution.
Structurer une gouvernance de crise
Dans les contextes de procédure collective, la dispersion des responsabilités est un facteur de risque majeur. Un manager de transition structure une gouvernance resserrée, qui permettra de tenir le calendrier du PSE :
- Circuits de décision courts
- Distribution claire des rôles entre direction, RH et juridique
- Pilotage cadencé avec des points d’arbitrage courts et réguliers
Sécuriser la cohérence du plan social
La réussite d’un PSE se joue dans l’écart entre les hypothèses initiales et leur mise en œuvre réelle. Le rôle du manager de transition consiste à réaligner en continu les logiques économique, sociale et opérationnelle pour éviter les ruptures d’exécution.
Concrètement, il s’agit de :
- Ajuster le dimensionnement des mesures sociales en fonction des retours du terrain (mobilité, reclassement, volontariat)
- Recalibrer le calendrier du PSE lorsque les séquences de consultation ou les expertises allongent les délais
- Sécuriser les arbitrages lorsque les hypothèses économiques initiales doivent être réinterrogées
- Maintenir l’alignement entre direction, RH et juridique au fil des ajustements opérationnels
Assurer la stabilité sociale dans la durée
Le rôle du directeur des relations sociales en mission de transition consiste également à assurer la stabilité de l’organisation durant et après la restructuration :
- Accompagnement des mobilités et des départs
- Mise en œuvre des dispositifs d’appui
- Gestion du climat social post-annonce
Lire aussi : Le rôle du DRH en contexte de transformation majeure
En conclusion, lorsqu’un Directeur des relations sociales intervient en mission de transition, il apporte une combinaison particulièrement recherchée :
- Une expérience directement opérationnelle des restructurations
- Une capacité d’intervention rapide sur des environnements dégradés
- Un rôle de sécurisation du dialogue social et des arbitrages
La différence, in fine, se joue moins sur la conception du dispositif que sur sa tenue dans le temps. C’est là que se crée la valeur.
Exemple de mission menée par MOMEN
Dans le cadre d’une procédure collective, un acteur du retail a fait appel à MOMEN pour sécuriser la mise en œuvre de son plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).
L’entreprise faisait face à une situation de forte tension : recul rapide de l’activité, besoin de restructuration et dialogue social fortement dégradé. Un manager de transition a été mobilisé en appui de la direction générale et de la DRH. Son intervention s’est structurée autour de trois axes :
- sécurisation du calendrier et des étapes clés du PSE
- structuration et fluidification du dialogue avec les instances représentatives du personnel
- sécurisation des arbitrages sociaux dans un environnement de décision contraint
Son approche méthodique a permis de rétablir un pilotage lisible de la procédure, de réduire les zones de friction entre parties prenantes et de sécuriser l’exécution du plan social dans le respect des contraintes réglementaires et opérationnelles.
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