Aide aux entreprises en difficulté : 3 leviers à activer avant le redressement judiciaire

SOMMAIRE

En France, l’environnement économique, marqué par l’inflation et la volatilité des marchés, met les entreprises sous forte pression financière. En 2025, plus de 68 000 défaillances ont été enregistrées, soit une progression de +3,5 % vs 2024. Les ETI et grandes entreprises sont particulièrement touchées, avec une augmentation spectaculaire de +91% vs la moyenne 2010 – 2019.

Pour les dirigeants, l’enjeu consiste à mobiliser rapidement des leviers de prévention et des solutions opérationnelles pour sécuriser la trésorerie, stabiliser l’activité et éviter le redressement judiciaire.

Reprendre le contrôle de la trésorerie et optimiser les flux financiers

Prioriser les dettes et sécuriser les partenaires clés

L’identification des partenaires essentiels constitue le point de départ. Une cartographie des dettes, structurée par échéance et par niveau de criticité, permet ensuite d’anticiper les risques de rupture, de prioriser les actions et de renégocier les dettes avec les créanciers – Cette démarche est adoptée par 68% des entreprises en difficultés, car elle offre un cadre clair pour protéger la trésorerie et maintenir la confiance des partenaires.

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Activer les dispositifs publics de soutien

En 2024, plus de 12 milliards d’euros d’aides ont été mobilisés par l’Etat pour accompagner les entreprises en tension, via les reports de charges, la médiation du crédit ou les prêts garantis. La médiation du crédit a par ailleurs affiché un taux de succès de près de 65%, confirmant sa capacité à débloquer rapidement des situations de financement.

Ces dispositifs sont une aubaine pour les entreprises en difficultés car ils réduisent immédiatement la pression sur la trésorerie et limitent le risque de cessation de paiement. Mais pour en tirer pleinement parti, une organisation dédiée s’impose. Une task force permet de piloter les démarches, de prioriser les demandes et d’accélérer l’accès aux aides.

Gérer la trésorerie de façon préventive

Le pilotage des flux financiers constitue un levier central pour stabiliser les entreprises en difficulté. Une planification glissante sur 13 semaines permet d’anticiper les besoins et d’organiser des points de décision hebdomadaires.

Pour renforcer la visibilité et l’efficacité :

  • Dashboard connectés aux flux bancaires pour suivre les encaissements et décaissements en temps réel
  • Modules de prévision intégrés aux ERP (SAP Cash Management, Oracle Cash Management) pour simuler différents scénarios
  • Indicateurs clés avec seuils d’alerte (DSO, DPO, BFR net) pour anticiper les ruptures et ajuster immédiatement les ressources

Ainsi, un suivi quotidien structuré permet de concentrer les moyens sur les activités à fort impact opérationnel et de prendre des décisions rapides et éclairées.

Un DAF de transition et un responsable comptable de transition MOMEN sont intervenus au sein d’une entreprise de textile confrontée à de fortes difficultés financières. L’objectif était de sécuriser rapidement la trésorerie et de stabiliser la fonction finance. Ils ont piloté la gestion quotidienne de la trésorerie, renégocié les dettes bancaires, structuré le crédit client et le recouvrement, tout en mettant en place des processus clés (commissions commerciales, RFA, affacturage).

Résultat : une trésorerie mieux maîtrisée, des partenaires financiers sécurisés et une direction capable de piloter l’activité avec davantage de visibilité et de réactivité.

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Accélérer les encaissements et ajuster les décaissements

Pour maîtriser les sorties de trésorerie, il est essentiel de :

  • Renégocier les délais fournisseurs pour aligner les paiements sur les cycles d’activité et le délai moyen entre encaissements et décaissements (par exemple 0‑30 jours pour un cycle court, 60‑90 jours pour un cycle long)
  • Centraliser les informations financières pour une vision claire des engagements et encaissements
  • Prioriser les paiements critiques pour sécuriser la continuité opérationnelle
  • Mettre en place un suivi rigoureux des encaissements, avec relances automatiques
Aide aux entreprises en difficulté - management de transition
Source : Hoopiz

Les ETI industrielles ayant mis en place une segmentation client et l’automatisation des relances observent une réduction significative du DSO jusqu’à 15 à 30 jours améliorant la liquidité et la trésorerie sur quelques mois. Le cas de « Alpha Construction » montre une réduction de 60 à 45 jours de DSO en six mois (EOXS) grâce à la facturation automatisée et aux relances digitalisées.

Mobiliser les dispositifs juridiques avant la cessation de paiement

Mandat ad hoc : une solution pour anticiper les difficultés

Le mandat ad hoc est un dispositif confidentiel, déclenché par le dirigeant dès les premières tensions financières ou opérationnelles, avant la cessation de paiement. Il permet d’ouvrir un dialogue ciblé avec les créanciers clés sous l’égide d’un mandataire nommé par le tribunal. L’objectif est de trouver des solutions amiables adaptées avant que les difficultés ne deviennent irréversibles.

Les atouts opérationnels sont clairs :

  • Confidentialité totale, préservant l’image de l’entreprise
  • Flexibilité, le dirigeant conserve la gestion quotidienne et le mandataire ajuste son intervention selon l’évolution des négociations

Cette approche précoce restaure la confiance des partenaires clés, limite la dégradation de la trésorerie et sécurise les relations commerciales.

Recourir à la conciliation : structurer les négociations

Avant que les dettes ne deviennent critiques, la conciliation permet de négocier de manière coordonnée avec plusieurs créanciers dans un cadre juridique sécurisé, tout en préservant la confidentialité si l’entreprise ne demande pas l’homologation. Ce dispositif s’adresse aux entreprises qui ne sont pas encore en cessation de paiement ou qui le sont depuis moins de 45 jours, offrant ainsi une fenêtre stratégique pour anticiper les tensions financières.

Ce dispositif présente un triple avantage :

  • Cadre sécurisé : le conciliateur supervise les échanges et les accords peuvent être constatés ou homologués, leur donnant force juridique.
  • Flexibilité : la procédure dure jusqu’à cinq mois, avec une prolongation d’un mois pour les dettes complexes.
  • Impact opérationnel : une conciliation bien menée peut restaurer la confiance des créanciers, libérer des trésoreries critiques et préserver les relations commerciales.

Lire aussi : PSE : 5 bonnes pratiques pour un redressement d’entreprise réussi

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Source : Affacturage

La procédure de sauvegarde : éviter le redressement judiciaire

La procédure de sauvegarde constitue un levier juridique préventif puissant. Elle se déroule dans un cadre public, avec la nomination d’un administrateur judiciaire qui accompagne le dirigeant dans l’élaboration et l’exécution du plan de sauvegarde.

Son principal avantage est de créer un «bouclier juridique» : toutes les poursuites des créanciers sont suspendues, offrant à l’entreprise le temps nécessaire pour restructurer ses dettes et sécuriser ses relations commerciales. Le plan de sauvegarde peut intégrer :

  • Des échelonnements prolongés des dettes, ajustés à la capacité de remboursement
  • Des remises partielles de créances, si les créanciers y consentent
  • Le maintien de l’activité sous le contrôle du dirigeant, avec le soutien opérationnel de l’administrateur

Cette procédure offre une alternative proactive au redressement judiciaire, en permettant à l’entreprise de mettre en place une restructuration durable, tout en minimisant les interruptions opérationnelles.

Aide aux entreprises en difficulté - management de transition
Source : Cercle-K2

Formaliser et suivre les accords

Les accords obtenus dans le cadre des dispositifs préventifs doivent être documentés et suivis activement pour éviter tout risque de non-respect. Dans la pratique, les entreprises mettent en place :

  • Tableaux de suivi avec échéances et montants dus pour chaque créancier
  • Alertes automatisées en cas de retard ou de non-respect des engagements
  • Reporting périodique impliquant la direction, la finance et le juridique pour ajuster rapidement les actions

L’utilisation d’outils numériques : modules ERP, workflow juridique ou Excel avancé facilite la traçabilité et le contrôle des engagements renforçant la sécurité juridique et la gestion des accords préventifs.

Manager de transition : une solution pour prévenir le redressement judiciaire

Les managers de transition interviennent très régulièrement auprès d’entreprises en difficulté pour sécuriser et relancer l’activité. Selon les besoins, il peut s’agir de DAF, DG, DRH, ou encore de directeurs commerciaux ou marketing.

Ils peuvent activer des leviers complémentaires, tels que l’optimisation de l’organisation et des processus, le renforcement des équipes clés, le développement commercial et marketing, ou la mise en place d’outils de pilotage adaptés.

Ils ont par ailleurs l’habitude de travailler avec des mandataires ou administrateurs judiciaires, afin de coordonner les actions de redressement, sécuriser les créanciers et assurer une relance efficace de l’activité.

Se recentrer sur les activités rentables

L’analyse de la rentabilité par activité permet d’identifier les segments déficitaires et de concentrer les ressources sur les activités génératrices de marge. Cette démarche améliore rapidement la performance opérationnelle et la trésorerie.

Par exemple, un Directeur e-commerce de transition MOMEN est intervenu dans une entreprise de prêt-à-porter confrontée à des difficultés financières pour développer sa distribution digitale, jusqu’alors inexistante. L’objectif : améliorer la rentabilité en supprimant les marges distributeurs et en ouvrant de nouvelles opportunités à l’international. Le manager a également structuré une équipe e‑commerce avec des rôles clairement définis et des outils de suivi adaptés pour piloter les performances.

Pour rester compétitives, les entreprises doivent adapter rapidement leur production et leur positionnement aux évolutions du marché, en renforçant les segments à forte valeur ajoutée et en ajustant ou retirant les produits moins performants.

Pour structurer ce réajustement, plusieurs méthodes et outils sont mis en place par les managers de transition en mission :

  • Diagnostic du portefeuille produits/services
  • Analyses de la demande et cartographies de marché pour anticiper les besoins clients et tendances sectorielles
  • Tableaux de bord BI (Power BI, ERP) avec indicateurs clés (marge, chiffre d’affaires, rotation) pour piloter le portefeuille
  • Scénarios d’optimisation du product mix pour simuler l’impact des décisions stratégiques sur la trésorerie et la performance

Exemple de mission : un Directeur Marketing de transition MOMEN est intervenu dans une entreprise du secteur cosmétique, confrontée à une baisse de performance commerciale et à un positionnement de marque peu clair sur ses marchés clés. Sa mission a été de redéfinir la cible et le positionnement, améliorer la désirabilité de la marque et des points de vente, et mettre en place une expérience client cohérente.

Résultat : le positionnement de la marque a été clarifié, l’expérience client optimisée, et la performance commerciale ainsi que l’attractivité de l’entreprise nettement renforcées sur ses marchés clés.

Remobiliser les équipes et réengager l’organisation

Dans un contexte de tension, la dimension managériale devient un levier clé du redressement. L’incertitude, la pression sur les résultats et les rumeurs fragilisent l’engagement des équipes. L’intervention d’un manager de transition permet de redonner un cap clair, de rétablir la confiance et de remettre l’organisation en mouvement.

Par son regard extérieur et sa capacité d’exécution, le manager de transition impulse une dynamique rapide :

  • Clarification des priorités,
  • réorganisation des équipes si nécessaire,
  • sécurisation des postes clés
  • remise en place de rituels de pilotage.

Cette approche permet de redonner de la lisibilité, d’accélérer la prise de décision et de mobiliser les équipes autour d’objectifs concrets.

Au-delà des actions opérationnelles, le management de transition joue un rôle déterminant dans la remobilisation humaine. Il recrée de l’adhésion, restaure la responsabilisation et aligne les équipes sur un plan de redressement crédible — condition indispensable pour soutenir durablement la performance et la continuité de l’activité.

Créer de nouvelles sources de revenus à court terme

Sécuriser la trésorerie passe par des actions ciblées comme le lancement d’offres promotionnelles, la diversification temporaire de services ou le développement de partenariats stratégiques. Dans ce contexte, le manager de transition pilote la mise en œuvre de ces initiatives, coordonne les équipes et ajuste les actions en fonction des résultats obtenus.

Sur le plan méthodologique l’efficacité repose sur :

  • L’analyse rapide des segments clients et produits à fort potentiel de marge
  • La mise en place de tableaux de suivi opérationnels et financiers pour mesurer en temps réel le rendement des initiatives
  • L’activation d’outils digitaux de suivi commercial et CRM pour accélérer les ventes et réduire les délais de paiement

Ces mesures permettent de générer des revenus immédiats, mais aussi de tester de nouvelles sources de revenus avec un faible engagement de ressources, tout en renforçant l’agilité commerciale dans un contexte de sortie de crise.

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