Innovation industrielle : les nouvelles technologies de l’agroalimentaire

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L’industrie agroalimentaire joue un rôle de premier plan dans l’économie mondiale. Premier secteur industriel français, elle regroupe plus de 19 000 entreprises qui totalisaient un chiffre d’affaires de plus de 211 milliards d’euros et une valeur ajoutée de 42,7 milliards d’euros en 2021 (Ministère de l’Agriculture).

Bien que dynamique, ce secteur fait face à de nombreux défis tels que l’optimisation des processus, la qualité et la sécurité des produits, ainsi que le développement durable. Pour surmonter ces obstacles, l’industrie agroalimentaire se dote progressivement d’innovations technologiques de pointe.

Les défis de l'industrie agroalimentaire

Efficacité opérationnelle

Parmi les principaux challenges de l’industrie agroalimentaire, l’efficacité des processus de production figure en tête de liste. L’enjeu principal des acteurs consiste à optimiser leur gestion des chaînes d’approvisionnement, de fabrication et de distribution, tout en réduisant leurs coûts logistiques. Selon une étude menée par  , certains parviennent à réduire les coûts de main-d’œuvre de 30%, et à augmenter dans le même temps leur productivité de 25 à 50%, grâce à l’adoption de solutions d’automatisation.

Qualité des produits

Les attentes des consommateurs et les réglementations de plus en plus strictes en matière de qualité et de sécurité alimentaire impliquent une transparence totale et une traçabilité complète des produits. Selon une étude IFOP/nu3, 91 % des Français sont convaincus qu’une alimentation saine exerce une influence positive sur leur énergie et leur dynamisme. Dans cette optique, ils se renseignent de plus en plus sur ce qu’ils consomment (46 % grâce à internet, 37 % grâce aux livres et magazines, 37 % en sollicitant l’avis de médecins). Pour répondre à ces exigences, les entreprises agroalimentaires doivent mettre en place des systèmes avancés pour garantir des produits sûrs et de haute qualité, répondant aux normes en vigueur.

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Sécurité alimentaire

La gestion des risques et des crises alimentaires est essentielle pour maintenir la confiance des consommateurs. En 2021, l’Union européenne a introduit de nouvelles réglementations visant à renforcer la sécurité alimentaire, obligeant les entreprises du secteur à investir dans des technologies dédiées, capables d’identifier et de contrôler les dangers.

Développement durable

Comme tous les secteurs d’activité, l’industrie agroalimentaire doit enfin adopter des pratiques respectueuses de l’environnement pour réduire son empreinte carbone. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’agriculture représenterait 24% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les mesures à adopter incluent la gestion efficace des ressources naturelles, la minimisation des déchets et l’adoption de pratiques agricoles durables.

Les innovations technologiques au service de l’industrie agroalimentaire

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Source : Appinventiv

Agriculture de précision

En amont des procédés industriels, l’agriculture de précision marque un premier pas vers un secteur agroalimentaire modernisé et optimisé : des systèmes d’intelligence artificielle et de capteurs permettent une gestion plus précise des cultures, passant par une meilleure surveillance de l’humidité des sols, de la santé des plantations et des conditions météorologiques en temps réel. Les données collectées permettent d’augmenter les rendements jusqu’à 15% et de réduire jusqu’à 20% l’utilisation de ressources. 

L’utilisation de drones permet également une surveillance rapprochée des cultures. Ces appareils permettent non seulement de détecter rapidement les infestations de parasites ou maladies des plantes, mais aussi de cartographier précisément les cultures et de prendre des décisions éclairées sur l’utilisation des ressources, minimisant ainsi les pertes et améliorant la productivité. Une étude de Goldman Sachs estime que le marché des drones dans l’agriculture pourrait atteindre 5,9 milliards de dollars d’ici 2026.

Robotique et automatisation des lignes de production

Enfin, après la récolte, les lignes de production automatisées représentent une avancée significative pour l’industrie agroalimentaire. Ces technologies permettent d’automatiser des tâches répétitives et laborieuses et de produire en continu, 24h/24.  Les coûts de main d’œuvre se voient diminués, l’efficacité et la productivité augmentées. Un rapport du McKinsey Global Institute prévoit que l’automatisation pourrait augmenter la productivité du secteur agroalimentaire de 55% à 70% d’ici 2030.

Mise en œuvre des innovations par les acteurs du secteur

Adoption des technologies par les industriels

Pour que les innovations technologiques soient adoptées avec succès, les industriels doivent bénéficier de formation et d’accompagnement. Cela inclut la formation continue, le soutien technique et l’accès à des ressources financières pour investir dans ces nouvelles technologies. Les retours sur investissement, tels que l’augmentation des rendements et la réduction des coûts, justifient largement ces investissements. 

Dans ce cadre, les collaborations entre entreprises agroalimentaires, startups et instituts de recherche deviennent essentielles pour développer et déployer ces technologies de pointe. Ces partenariats permettent de combiner les compétences et les ressources, accélérant ainsi le développement et la mise en œuvre des innovations. Les programmes de soutien et de financement, tels que ceux offerts par Bpifrance, jouent également un rôle crucial dans ce processus. Le programme French Tech Agri20 vise par exemple à soutenir 20 startups innovantes dans le domaine de l’agriculture et de l’alimentation.

Normes et réglementations pour encadrer les innovations

L’adoption de normes internationales comme l’ISO 14064 permet aux entreprises de quantifier et de gérer plus efficacement leurs émissions de gaz à effet de serre. Cette norme fournit un cadre pour la surveillance, la déclaration et la vérification des émissions, aidant les entreprises à identifier les sources d’émissions et à mettre en place des stratégies de réduction ciblées. Cela favorise la transparence et la comparabilité entre les entreprises du secteur, encourageant une concurrence saine en matière de durabilité. L’enjeu est ensuite de réussir à faire respecter cette norme à tous les acteurs mondiaux.

Concurrence déloyale et pression sur les prix

Toutes ces innovations, bien que rentables, ont un coût. Et lorsque d’autres acteurs mondiaux viennent concurrencer les entreprises françaises sans se voir imposé de respecter les mêmes normes en matière de qualité, de sécurité et de durabilité, il en résulte de forts écarts de prix de vente aux consommateurs. Dans un contexte d’inflation et de baisse du pouvoir d’achat des consommateurs européens depuis 2022, les résultats des acteurs du secteur agroalimentaire en sont fortement impactés.

Un exemple frappant est celui du saumon norvégien face à la concurrence du saumon chilien. Les producteurs norvégiens doivent respecter des normes environnementales et de qualité très strictes, ce qui augmente leurs coûts de production. En revanche, les producteurs chiliens, soumis à des réglementations moins rigoureuses, peuvent vendre leur saumon à des prix beaucoup plus bas. Cette situation met une pression intense sur les prix et place les producteurs norvégiens dans une position difficile. Pour rester compétitifs, il est crucial pour les entreprises de poursuivre et d’accélérer leurs innovations technologiques. Des solutions telles que l’automatisation des processus et l’amélioration de l’efficacité énergétique peuvent aider à réduire les coûts tout en maintenant un haut niveau de qualité. 

Dans le même temps, les pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités et faire respecter les normes internationales déjà votées. De nouvelles mesures de protectionnisme européen doivent également être décidées et mises en œuvre, constat aujourd’hui partagé par tous.

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Le management de transition dans l’agroalimentaire

Pour mettre en place toutes ces innovations, le recours au management de transition se révèle être un formidable accélérateur. Dans le domaine du développement durable par exemple, un Directeur de Projet Industriel en transition peut intervenir pour mener un chantier de mise en place d’une chaudière Biomasse sur un site de production. Cela assure que le chantier soit mené par un expert du sujet, et que les délais et budgets du projet soient respectés.

MOMEN vous accompagne pour relever les défis du secteur agroalimentaire, avec tous types de profils de managers de transition, dans l’innovation industrielle comme dans le management de sites, ou la qualité.

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